Billet de blog

Les évolutions du marché de l'emploi : Federgon offre des conseils

Federgon est la fédération des prestataires de services RH. Elle représente donc toutes les entreprises actives dans le domaine des services RH et des services de placement professionnel. Il s’agit ici des agences de recrutement et sélection, d’outplacement et d’intérim ainsi que des centres de formation. Paul Verschueren, directeur de la recherche et des affaires économiques chez Federgon, est la source d’informations par excellence pour en savoir plus sur les tendances et le marché de l’emploi en pleine mutation.

Le marché de l'emploi évolue à une vitesse fulgurante

Le nombre d’offres d’emploi a connu une hausse fulgurante, ces dernières années. Avec 258 000 offres d’emploi publiées, la Flandre a même battu un record en 2017. Cette hausse concerne surtout les offres d’emploi exigeant une certaine expérience. Le secteur chimique et pharmaceutique flamand a même vu doubler son nombre d’offres d’emploi en l’espace d’un an à peine. Le premier défi consiste donc à trouver suffisamment de personnel qualifié pour pourvoir durablement ces postes.

Connaissez votre main-d'œuvre

Pour Paul Verschueren, la principale menace pour les entreprises est de ne pas connaître les tendances structurelles majeures qui apparaissent aujourd’hui. « J’entends encore une fois le vieillissement de la population, mais aussi la connaissance de sa propre main-d’oeuvre. Quel est le potentiel disponible en ce moment dans l’entreprise et comment améliorer le parcours du travailleur ? Les entreprises d’aujourd’hui doivent savoir quel travailleur les quittera et à quel moment. Elles doivent s’intéresser aux capacités, aux compétences et aux aptitudes dont disposent déjà leurs travailleurs. On recherche souvent des candidats en externe, alors qu’en fait, il suffirait de s’intéresser au potentiel en interne pour se rendre compte que l’entreprise a déjà en son sein un profil aux compétences identiques. C’est en réfléchissant de la sorte que vous pourrez préparer au mieux votre planning de main-d’oeuvre. Sans cela, vous risqueriez de faire face à des vagues de départs et à des difficultés à attirer de nouveaux talents. » Paul Verschueren cite notamment en exemple le secteur des soins de santé, où l’on table sur une croissance de l’emploi concomitante à un nombre très élevé de travailleurs de plus de 55 ans. « La combinaison de nombreux départs imminents et d’un marché de l’emploi étriqué, en plus du nombre limité de profils disponibles dans le secteur des soins de santé, est évidemment problématique. De nombreuses entreprises du secteur se sont donc mises à chercher des solutions du côté de l’électronique : les robots médicaux, par exemple. Une évolution que je ne peux qu’applaudir, puisqu’elle permettra de pallier la pénurie de profils de soins à l’avenir. » Le secteur de la construction, quant à lui, est en proie à une pénurie en personnel technique qualifié. « D’après les prévisions, l’emploi devrait encore augmenter dans ce secteur. Il va donc falloir trouver des solutions, étant donnée la pénurie de profils. La technologie apportera une partie des réponses, mais une migration plus ciblée sera un autre facteur clé : attirer de la main-d’oeuvre étrangère qui comblera les carences en compétences de notre marché de l’emploi. »

 

Hire the will, not the skill

Paul Verschueren, directeur de la recherche et des affaires économiques chez Federgon

 

Pleins feux sur les << soft skills >>

Paul Verschueren est aussi de bons conseils quand il s’agit de répondre à la disparité qualitative sur le marché de l’emploi : « Hire the will, not the skill. Recherchez des caractères, des individus qui possèdent intrinsèquement certaines compétences, même s’il faut encore les développer. Les “soft skills” ne cessent de gagner en importance. »

 

Du réalisme, mais aussi de l'optimisme technologique

« Technologie et digitalisation joueront un rôle tout particulier sur le marché de l’emploi de demain. J’en suis convaincu. Cela passera par des tâches toujours plus automatisées et par une attention toute particulière accordée à d’autres compétences, nécessaires à la réussite de l’entreprise. À mon sens, nous devons faire preuve d’un réalisme technologique, mais nous pouvons aussi être optimistes. Beaucoup de nouvelles fonctions, qui n’existent pas encore aujourd’hui, sont amenées à voir le jour. Et la part des nouveaux jobs sera sans doute supérieure à la part de ceux voués à disparaître », conclut Paul Verschueren.